23 janvier 2010

Greg Pattillo

17 janvier 2010

Partis et médias au plus bas du « baromètre de la confiance »

Voici une étude qui devrait provoquer une sérieuse introspection en France, mais qui est sortie récemment dans une grande discrétion.

Il s'agit du « Baromètre de la confiance politique », désormais annuel, du Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof), un groupe de recherche de Sciences Po.

•73% des sondés (soit près des trois quart) pensent que les jeunes d'aujourd'hui auront « moins de chances » de réussir que leurs parents dans la France de l'avenir. Ils ne sont que 5% à penser qu'ils auront plus de chances, et 21% les mêmes chances. L'idée du déclin a donc fait son chemin ;

•23% seulement des personnes interrogées font confiance aux partis politiques, ce qui les place tout au bas de l'échelle. 71% ne leur font pas confiance, un score désastreux pour un des éléments centraux de la vie démocratique. Les médias ne font guère mieux : 27%, soit moins bien que les banques (37%), ce qui, après la crise financière, est signfiicatif.

•70% des sondés, à la question « Pour la défense de vos intérêts, en qui avez-vous le plus confiance ? », répondent eux-mêmes, loin devant toute autre possibilité : les associations (15%), les syndicats (7%), et là encore, les partis politiques qui ne recueillent qu'1 tout petit pour cent.

l'article ici

16 janvier 2010

Pour punir les grandes banques, prends ton oseille et tire-toi

La voie à suivre :


Aux Etats-Unis, le mouvement Move Your Money invite les clients furieux à déplacer leurs comptes vers des établissements régionaux.

Excédés par les pratiques scandaleuses de leurs banques qui ne cessent de leur pomper de l'argent pour un motif tordu ou un autre, des milliers d'Américains se sont mis à déserter les « big six » (Bank Of America, JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Wells Fargo, Citigroup) en transférant leur pécule dans de petites banques régionales.

Partout dans le pays, des mouvements de citoyens se forment pour inciter les mécontents à abandonner les plaintes stériles pour l'action musclée.

Les rapaces de Wall Street ont beau être puissants et protégés par un gouvernement qui ne fait rien pour museler leur insatiable avidité, si des millions de gens retirent leur argent de leurs coffres pour le mettre ailleurs, ils finiront bien par être obligés de prêter attention au grondement qui monte, qui monte.

Surtout au moment où Wall Street s'apprête à distribuer d'indécents bonus aux cadres responsables de la crise et du bourbier financier, tandis que 12% d'Américains au chômage s'enfoncent dans les dettes, perdent leurs maisons et leur assurance santé.

« Move Your Money » a été initié par la fondatrice du Huffington Post
Le plus médiatique de ces mouvements, Move Your Money, a vu le jour un soir de décembre dernier au cours d'un dîner chez l'éditorialiste et fondatrice du site Huffington Post, Arianna Huffington (née Stassinopoulos).

Réunis entre amis, les convives se demandaient que faire face aux pratiques éhontées des banques et des sociétés de cartes de crédit. Ils ont rapidemment conclu que la solution était finalement assez élémentaire.

Isolés, les Américains sont impotents : les institutions financières ne sont gênées aux entournures par aucune réglementation ou presque. Ensemble, ils deviennent menaçants.

En quelques jours, les fondateurs de Move Your Money ont conçu un site web et mis à la disposition des intéressés un moyen de trouver une banque de proximité. J'ai saisi mon code postal et trouvé 19 banques dans mon coin. Sans compter les dizaines de Caisses de crédit à but non lucratif.

Un petit film viral résume la philosophie de l'initiative. (Voir la vidéo, en anglais)



Le site offre également les services d'Institutional Risk Analytics (IRA), une société d'analyse et de classement des institutions financières. Dennis Santiago, le PDG de IRA. Dennis Santiago, le PDG de IRA, commente :

« Depuis son lancement, la moitié des codes postaux du pays ont été saisis. En sept jours, nous avons eu environ 340 000 visiteurs. »


Des frais bancaires soudains et exorbitants
Relayé par la presse et les présentateurs de talk-shows et d'émissions satiriques comme Jon Stewart, Stephen Colbert ou Bill Maher, le mouvement s'enflamme.

Les gens en ont tout simplement ras le cocotier d'être exploités par leurs banquiers. Il est devenu impossible d'assister à un dîner sans entendre une histoire kafkaïen de frais soudains et exhorbitants. Exemples :

•une surcharge de 9 dollars pour transférer de l'argent -en ligne et donc sans l'assistance de votre banque ! - du compte d'épargne au compte chèque
•un paiement mensuel automatique débité plus tôt sans votre accord pour vous facturer ensuite une amende de 35 dollars pour défaut de provision, etc.
•des taux d'intérêts de cartes de crédit montés en flèche sans préavis
•des conversations aberrantes avec des employés malotrus payés pour vous rabaisser le caquet, vous induire en erreur ou vous pousser à emprunter en sachant que vous n'en avez pas les moyens.
Allez sur YouTube et tapez « Bank of America » (BofA) et vous trouverez une foison de témoignages de personnes enragées par les abus de la banque.

« Le fait que j'aie toujours été un client responsable comptait pour du beurre »
Le publicitaire Roy DeYoung en a eu tellement assez qu'il est lui aussi passé à l'action. Alors qu'il n'a jamais manqué de payer ponctuellement les mensualités de sa carte de crédit, BofA a fait passer son taux d'intérêt de 12% à 30% sans raison. Jusqu'à cet incident, Roy pensait que ce genre de pratique ne s'appliquait qu'aux mauvais payeurs.

« J'ai essayé de discuter avec eux pour récupérer mon taux d'intérêt précédent. Rien à faire. Le fait que j'aie toujours été un client responsable comptait pour du beurre.

En plus, dès que votre taux d'intérêt augmente pour une carte de crédit, toutes les autres, immédiatement alertées, se mettent à faire la même chose. Je me suis ainsi retrouvé avec des remboursement triplés. »


Comme il est dans la pub et le branding, Roy a témoigné de ses galères sur YouTube. (Voir la vidéo, en anglais)



Il a repensé le logo de Bank Of America pour la rebaptiser « Bend Over America » (littéralement : « penche-toi », mais je traduirais « présente-moi ta croupe ») et a posté le tout sur YouTube. Puis il a lancé le mouvement Bank Of America Walkout. Il raconte :

« Les deux premiers jours, ma vidéo a reçu plus de 10 000 visites. A tel point que YouTube m'a demandé d'y placer une pub. Des journalistes m'ont appelé de partout. Et deux auteurs m'ont déjà contacté pour un livre. »


Mille congégrations en bras de fer avec Bank of America
Les églises et les syndicats s'organisent eux aussi contre Bank Of America. Une coalition de mille congrégations religieuses s'est ainsi réunie cette semaine avec des huiles de la banque pour réclamer :

•un moratoire sur les saisies immobilières
•la possibilité pour ses membres de refinancer leurs hypothèques à un taux d'intérêt plus avantageux.
Si la BofA refuse, ils menacent de la quitter en masse.

Quant au syndicat Service Employeees International Union (SEIU) recrute depuis quelques mois des employés de BofA pour en faire des agents doubles.

Ceux-ci s'engagent à informer le SEIU des pratiques malhonnêtes de leur employeurs. Eux aussi sont en colère. S'ils ne parviennent pas à convaincre leurs clients de vivre au-dessus de leurs moyens, ils sont en effet licenciés. A suivre….

L'article ici

Paul Jorion news

Pour une initiative citoyenne dans le domaine financier, par Corinne Lepage

Le hold-up que les banques et les traders pratiquent sur les contribuables est absolument hallucinant. Non seulement, les bonus faramineux, obscènes pour reprendre l’expression d’Obama, se sont faits sur la spéculation à partir du renflouement des banques par les États, mais encore ils se sont faits au détriment du financement de l’économie réelle pour lequel le sauvetage était prétendument intervenu. Certes, aux États-Unis, le Président Obama parle, mais jusqu’à présent rien n’a été fait et Citigroup qui a de fait été nationalisée, verse 1md de dollars de bonus.

Dans notre beau pays de France, c’est encore pire ! En premier lieu, les banquiers qui ont en réalité concocté pour Bercy le plan de sauvetage qui leur convenait, ont obtenu que l’État n’entre pas au capital. Dès lors, les remboursements qui sont intervenus ont privé le contribuable du bénéfice lié à la hausse des actions bancaires). En deuxième lieu, aucune rémunération n’ a été versée pour la garantie de l’État en dehors des prêts et avances. En troisième lieu, les banques ont fait exactement le contraire de la prétendue feuille de route qui leur avait été officiellement donnée : peu de crédits aux entreprises, suppression de nombreux comptes sans aucune raison autre que leur propre rentabilité, augmentation de toute les prestations sans justification : suppression des lignes de crédit etc. Les rodomontades de Mme Lagarde et les efforts de M. Ricol sont restés sans effets réels.

Quant à la taxe sur les bonus, c’est une fumisterie. D’abord de nombreux traders des banques françaises ne sont pas en France ; ensuite, une taxe pour une seule année permet de mettre en place une organisation temporaire d’augmentation des rémunérations. Enfin et surtout, cette taxe est payée par les banques et non par les traders et sert à mettre en place un fonds de garantie qui était d’ores et déjà prévu. Elle ne change donc rien à l’effet pervers des bonus qui conduit à faire prendre le plus de risques possible par la spéculation et donc à encourager des bulles qui vont exploser à nouveau, sans que les États ne disposent plus de filet de sécurité.

A mon sens , c’est aux citoyens d’agir comme le fait en Californie le mouvement « Move your Money » qui offre aux clients des banques le moyen de les quitter avec toute une panoplie de services ; je pense que nous devrions, avec le secteur social et solidaire, regarder comment mettre en place un mouvement comparable pour disposer d’une force consumériste en face des banques puisque l’État ne défend pas les citoyens.

En second lieu, et sur un plan plus politique, je pense que nous devrions suivre de très près ce qui se passe en Islande où les contribuables doivent décider s’ils acceptent de payer pour les banques ou plutôt pour indemniser les spéculateurs qui ont cru dans les banques islandaises. C’est une première et je suis très étonnée que le débat ne naisse pas en France sur ce thème. Je propose de le lancer sur ce blog et de continuer plus largement si le thème vous intéresse.

Sur le blog de paul jorion

"Ce que Sarkozy propose, c'est la haine de l'autre"




Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il.

Je m'en suis tenu à l'écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l'approche d'une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l'islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu'historien, j'observe comment cette thématique de l'identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.

Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?

Le Front national a commencé à s'incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s'intéresser aux problèmes posés par l'intégration des populations immigrées.

On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d'exister jusqu'en 2007. Comme je l'ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d'immigrés d'origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national.

On estime généralement que c'est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national...

Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux.

Comment qualifiez-vous cette droite ?

Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.

Le chef de l'Etat a assuré qu'il s'efforçait de ne pas être "sourd aux cris du peuple". Qu'en pensez-vous ?

Pour moi, c'est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre.

La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse !

Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l'extrême droite ?

On est dans le registre de l'habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu'il exprimait son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.

Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...

Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre.

Quels sont les points de comparaison avec cette période ?

Un ministre a lui-même - c'est le retour du refoulé, c'est l'inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : "Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.") En manifestant d'ailleurs une ignorance de l'histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l'histoire allemande de l'entre-deux-guerres, c'est que ce n'était pas qu'un débat sur l'identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l'ont montré. La France n'est pas du tout dans ce schéma.

Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.

La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?

Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.

C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...

L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.

Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi

L'article ici

Les secrets du Big Mac



Pour savoir ce qu’il y a dans un Big Mac, il suffit de demander … Deux steaks hachés, du cheddar fondu, 3 buns de pain, des oignons, des cornichons, deux lits de salade et une sauce inimitable… apprend-on au comptoir de vente.On pourrait s’arrêter là. Il vaut mieux creuser un peu.

Qu’est-ce donc qu’un « bun de pain » ? qu’ est-ce qu’« une sauce inimitable » ? Juste un clic ou deux sur le site de Mc Donald. La réponse est là. Et bien évidemment, on tombe des nues. La recette du pain a des allures de posologie médicamenteuse. Une vingtaine d’additifs chimiques s’ajoutent à la farine[1] et l’eau. Agents anti-microbiens, agents de texture, colorants, conservateurs tous azimuts. La plupart de ces produits chimiques sont généralement utilisés dans l’industrie du plastique ou même la métallurgie…

la suite ici

Pourquoi l’économie mondiale ne s’est pas effondrée en 2009 ?

L’année 2009 s’est achevée sur des chiffres qui laissent rêveur la plupart des analystes économiques. En effet, le Dow Jones a progressé de 18,82% en 2009, le S&P500 de 23,45% et le Nasdaq Composite de 43,89%. En ce qui concerne le CAC 40, 22,32% ont été gagnés !

Bien sûr, cela est utilisé par ceux qui claironnent haut et fort que la crise est passée. Pourtant, il faut le rappeler, notre système économique implose et il convient donc d’analyser pourquoi l’économie mondiale ne s’est pas encore effondrée.


Un système économique zombie sous perfusion

Nous étions quelques-uns à prédire un gigantesque krach économique pour l’année 2009 qui ne s’est pas produit car nous ne pouvions pas savoir que les « solutions » pour tenter de l’empêcher seraient à ce point surréalistes.

On a donc injecté des milliers de milliards dans l’économie ce qui aura pour conséquence de ruiner encore plus les états et surtout conduira inévitablement à l’inflation et à la destruction du dollar et de la Livre Sterling entre autre.

L’inflation est encore faible car elle est contenue par la déflation liée à la faiblesse du marché, mais cela devrait changer en 2010.

Malgré cette injection massive de liquidités, nous avons eu en 2009, la plus grosse faillite de toute l’histoire avec celle de Général Motors et un chômage qui explose partout dans le monde !

De plus, pour pouvoir injecter des sommes colossales dans l’économie, les USA ont commis l’irréparable : monétiser leur dette.

En effet, la Fed (la banque centrale US), le 18 mars 2009, le jour où le dollar est mort, a décidé de racheter des bons du trésor (monétisation de sa dette), et, le 29 avril 2009, a confirmé qu’elle se portait acquéreuse de 1700 milliards de dollars soit 12,5% du PIB de titres émis par le privé et d’obligations :
http://www.federalreserve.gov/newsevents/press/monetary/20090429a.htm

En 2009, la Fed a ainsi racheté 80% des bons du trésor US (80 % de la dette).

Plus grave encore, pour limiter la casse, les USA ont mis en place de nouvelles normes comptables permettant de faire disparaître du bilan des banques les produits financiers qui posent problème (les CDS par exemple).

Magouilles comptables pour sauver les banques

Le 02 avril 2009, en plein G20, les USA ont changé leurs normes comptables (sous la menace) ce qui a permis d’après Robert Willens, un ancien directeur de Lehman Brothers Holdings Inc. d’améliorer le bilan des banques de 20 %.

L’ Europe a d’ailleurs suivi et modifiée elle aussi ses normes comptables.

J’avais d’ailleurs fait le point sur ce problème dans mon article « Crise systémique – Les solutions (n°5 : une constitution pour l ... » que vous pouvez trouver sur mon blog, page 9 : http://gillesbonafi.skyrock.com/ .

Falsification des chiffres et omerta

Pour masquer la réalité d’une situation économique catastrophique, on "révise "les chiffres. Les économistes analysent ainsi du vent.

Cette révision possède un nom technique : l’ajustement saisonnier. Alors on "ajuste" à tour de bras comme au bon vieux temps de Staline en URSS ou comme en Chine et on passe ainsi de -5,2 % sur les ventes immobilières US à + 9,4%. La preuve est sur mon blog à la page 5 : La vérité sur les chiffres ! - Blog de gillesbonafi - Blog de ...

Ceux qui ne veulent pas se plier et qui tentent de dire la vérité risquent gros. Le directeur de l’observatoire immobilier du Crédit foncier, Jean-Michel Ciuch a été licencié pour avoir affirmé que la crise n’était pas terminée car il avait calculé que la baisse des loyers de l’immobilier (de bureau) était d’environ 20 % mais surtout, il prévoyait entre 20 et 40 % de baisse supplémentaire pour 2010, un krach colossal.

De plus, les médias bloquent systématiquement les analyses dénonçant la gravité de la situation. Il est vrai que face au nombre croissant de "dissidents" (et surtout de personnalités de haut vol) elle a de plus en plus de mal.

Il devient par exemple difficile de garder secrète l’analyse d’Albert Edwards, responsable de la recherche économique de la Société Générale qui a lancé une bombe en expliquant aux clients de sa banque de se préparer à un effondrement mondial (global collapse).
Source : http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/6599281/Societe-Generale-tells-clients-how-to-prepare-for-global-collapse.html .

La finance, un vaste casino planétaire

Pour pousser plus loin l’analyse, l’année 2009 a été exceptionnelle sur le plan de la compréhension de notre système économique. En effet, le fonctionnement réel de la bourse qui était obscur même pour la plupart des analystes s’est révélé au grand jour, un fonctionnement que l’on peut assimiler à celui d’un casino, une escroquerie planétaire.

Il faut bien comprendre que la bourse n’a qu’une seule utilité sociale, celle de fournir des capitaux aux entreprises. Or, c’est l’inverse qui se produit actuellement et c’est l’ensemble de la société qui est prise en otage et se dépouille de ses richesses au profit de quelques-uns. Les Etats-nations n’y survivront pas et se retrouveront ruinés eux aussi.

Tout d’abord, il faut savoir que 40 % de la création de "richesse" aux USA provient de la finance. Comment en est-on arrivé là ?

Philippe Béchade et François Leclerc, spécialistes de la finance, ont réalisé des analyses remarquables qui nous permettent d’y voir clair aujourd’hui.

Philippe Béchade (chronique Agora) explique ainsi :

"Pour ceux qui nourrissaient encore quelques doutes, le comportement robotique du marché prouve de façon éclatante qu’il n’existe plus aucun contre-pouvoir réel face aux machines. Les programmes de trading automatisés règlent avec une précision de géomètre l’angle de progression du canal ascendant. Une fois verrouillé le rythme de la hausse du sous-jacent (actions, indices, matières premières), un champ d’opportunités infinies s’ouvre aux opérateurs. Ils peuvent arbitrer en temps réel sur l’ensemble des catégories de dérivés : options, warrants, CFD, contrats sur indices."

François Leclerc (blog de Paul Jorion) pousse l’analyse encore plus loin :

"Ce débat, qui va rebondir, et les informations qu’il permet de recueillir, contribue à l’acquisition d’une vue d’ensemble, sous tous ses aspects, de la finance moderne. Celle-ci exerce désormais son activité de manière très sophistiquée et, de fait, souvent hors de tout contrôle possible des régulateurs, notamment en raison de son extrême complexité, de sa rapidité, et de ses interactions. Sauf à ce que des interdictions très strictes soient promulguées à la base même de son activité et qu’une surveillance sans complaisance ni relâche soit effectuée. Une démarche totalement à l’opposé de celle qui a été adoptée.

Le high frequency trading n’est à cet égard que l’une des petites pièces du grand puzzle, pas encore totalement reconstitué mais qui prend déjà forme, du capitalisme financier d’aujourd’hui. L’image qui se dessine est celle d’une activité qui prétend n’obéir qu’à ses propres lois, s’affranchir de toutes les tutelles, s’imposer sans se soucier de ses conséquences dévastatrices et ne profiter au final qu’à une toute petite minorité, prenant sous sa coupe et en otage tous les autres. Prétendant exercer une forme d’asservissement moderne (au sens propre de la servitude), dont l’objectif est de régner en utilisant tous les leviers d’un contrôle social de plus en entêtant, omniprésent et sophistiqué. Non sans parvenir à une incontestable intériorisation de sa domination, la crise sociale montante étant l’occasion d’en mesurer l’intensité."

Pour faire simple, la finance, à l’aide des mathématiques financières a transformé la bourse en gigantesque casino. Plus grave encore, quelques-uns en sont devenus les maîtres.

Il faut savoir que ces algorithmes financiers extrêmement complexes sont détenus par peu d’acteurs. Ils permettent de tout savoir quelques secondes, voire dixièmes de seconde avant tout le monde et donc de gagner à tous les coups.

Le système peut s’effondrer, ils feront donc toujours de l’argent en pariant à la baisse ou à la hausse avant tout le monde, jusqu’à ce que le système s’effondre totalement, ce qui aura lieu bientôt.

Certains s’en sont rendus compte et se réfugient en achetant de l’or, pourtant, ce marché est lui aussi une vaste escroquerie car le monde de la finance est un milieu de requin qui n’hésite pas à parier contre ses propres clients, comme la banque HSBC gardienne des dépôts physiques du fonds d’investissement SPDR Gold Shares (GLD) et qui prend des options baissière sur l’or alors qu’elle revend des contrats investis sur ces fonds à ses clients. Ubuesque !

J’ai d’ailleurs réalisé une étude complète sur ce sujet intitulée « L’or, nouvelle arnaque planétaire ? » que vous pouvez lire dans le magazine Nexus de janvier-février 2010.

Le petit milieu de la grande finance fait donc ce qu’il veut, sans contrôles.

La reféodalisation du monde

Le marché des produits dérivés continue de croître mais, de plus, est presque totalement verrouillé par 5 banques (JP Morgan Chase, Goldman Sachs, Bank Of America, Citibank, Wells Fargo) pour un montant dépassant les 200 000 milliards de dollars (on parle en trillions), c’est à dire près de 4 fois le PIB mondial.

Vous pouvez trouver toutes les preuves (sources, graphiques) sur mon blog page 7, « Crise systémique : mythe et réalité ».

La soi-disant théorie du jeu de l’offre et de la demande est donc une escroquerie intellectuelle comme l’ensemble de notre systémique économique qui repose sur un seul pilier : la loi du plus fort.

J. K. Galbraith économiste Canadien et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy avait d’ailleurs déclaré dans une interview publiée dans le Nouvel Observateur le 04 novembre 2005 que « L’économie de marché est volontiers décrite comme un héritage ancien. En l’occurrence, c’est une escroquerie."

D’ailleurs, les 20 personnes les plus riches du monde ont une fortune personnelle estimée en 2009 à 415 milliards de dollars soit un peu moins que le PIB de la Suisse (500 milliards de dollars) ! Source : Liste des milliardaires du monde en 2009.

Les 1% les plus riches représentaient 10% du PIB en 1979 et 23% aujourd’hui. 53 % en 2039 ?

Albert Einstein, en mai 1949, dans un article paru dans la Monthly Review expliquait à l’époque : « Le résultat de ces développements est une oligarchie de capital privé dont le pouvoir exorbitant ne peut effectivement pas être contrôlé même par une société dont le système politique est démocratique. »

J’ai d’ailleurs démontré que notre système économique était structurellement irrécupérable à la page 8 de mon blog (Un système économique structurellement irrécupérable I). La volonté de liberté, l’anarco-capitalisme, a poussé à l’extrême l’idéal de liberté et c’est un échec car, comme l’affirme Alexandre Minkowski " La liberté, ce n’est pas la liberté de faire n’importe quoi, c’est le refus de faire ce qui est nuisible."

Nous sommes ainsi face à une situation inédite car nous avons 2 systèmes économiques qui nous conduisent tous in fine vers la dictature.

Communisme et capitalisme sont en effet renvoyés dos à dos et il nous faut bâtir un nouveau modèle. Cependant, le problème est plus profond.

Toutes les organisations sociales dépendent d’une loi mathématique fondamentale, la loi de Pareto ou plutôt, la loi de puissance qui prouve que dans n’importe quel système organisé, un petit nombre s’empare toujours de la quasi totalité des richesses au détriment des autres.

La base de la domination est là et ceux qui contrôlent le monde connaissent parfaitement cette loi fondamentale dont ils usent et abusent.

Le net, au fil des jours, lève le voile sur le fonctionnement de cette domination dont la clé est notre système de captation des richesses par un petit groupe, un fonctionnement économique moralement et mathématiquement condamné.

En effet, ce système conduit à tout transformer en exponentielle car la loi de Pareto (loi de puissance) est elle-même une exponentielle.

La loi universelle de l’équilibre et de l’harmonie (étudiée par tous les courants spirituels et par la science) résulte de l’analogie des contraires, le principe dialogique d’Edgar Morin qui a beaucoup emprunté à Eliphas Lévi et à la kabbale.

Face à une exponentielle de capital accumulé dans les mains de quelques-uns, nous nous retrouvons donc (le principe d’équilibre) avec une exponentielle de dettes liée à une exponentielle de consommation et donc de destruction de la planète, de nous-mêmes.

Cette loi de puissance est directement issue de notre cerveau primitif car au final, l’enseignement des fractales que l’on retrouve dans le principe « hologrammatique » d’Edgar Morin, démontre que la partie est dans le tout, mais le tout est dans la partie et que tout est inter relié. Nos systèmes économiques ne sont donc que les reflets de ce que nous sommes.

Vouloir bâtir un système plus juste et redistributif s’oppose donc à l’animal qui est en nous, car au final, nous sommes en guerre contre nous-mêmes. La solution face à la destruction de notre civilisation ne peut donc passer que par un changement individuel radical, une prise de conscience planétaire.

La réponse ne sera pas qu’économique donc, mais avant tout philosophique, spirituelle.

"Nous devons devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde."
Mohandas Karamchand Gandhi


Gilles Bonafi

Merci agoravox

31 décembre 2009

L’année 2009 : l’ère du semblant

L’année 2009 restera sans doute comme la plus extraordinaire dans les annales de la finance. Des règles fondamentales qui dictaient son organisation furent suspendues, de peur que la poursuite de leur application ne mette tout l’édifice économique en danger. Le caractère tout à fait exceptionnel des circonstances conduisit à la mise en place de l’équivalent d’un état d’urgence où les problèmes qui se posaient étaient réglés au cas par cas par les autorités en charge, donnant leurs directives hors des cadres convenus, autorités administratives, directeurs de banques commerciales et président de banque centrale prenant leurs décisions conjointement dans l’ignorance de tout protocole, et ceci en Europe aussi bien qu’aux États-Unis en raison de l’urgence et parce que les chiffres économiques calculés à l’abri des regards indiscrets mettaient en évidence une insolvabilité généralisée. Le monde était entré dans une période où le système capitaliste ne pouvait plus fonctionner que par le jeu de mesures ad hoc improvisées. Jamais sans doute on ne parla tant de transparence, jamais pourtant l’opacité ne fut davantage à l’ordre du jour.

La fin de l’année 2008 avait offert le spectacle de la déliquescence de la seconde administration Bush, naviguant à vue sur un océan de mauvaises nouvelles, incapable faute de temps, de mettre en place une politique innovatrice. Barack Obama avait été élu président des États-Unis et prendrait les rênes du pouvoir en janvier 2009. Il s’agissait d’un homme jeune et dynamique : le cauchemar, pensait-on s’achèverait bientôt !

Il n’en fut rien. Durant la campagne présidentielle, pressé par sa base populiste, John McCain, le candidat républicain avait adopté une attitude sans concession à l’égard de Wall Street, menant en particulier la fronde contre le « Plan Paulson » destiné à stopper la gangrène par une injection de fonds au montant jusqu’alors inouï de 700 milliards de dollars. Obama, prenant de la hauteur, tenait lui des propos modérés. Wall Street n’hésita pas un instant et vint se ranger comme un seul homme sous sa bannière. Le sort en était jeté : Wall Street apporterait son soutien au candidat démocrate, tandis que Goldman Sachs, son fleuron, devenait son principal soutien financier. Wall Street embrassait Obama et, c’en était fait de lui.

Le monde attendait du nouveau président un « New Deal » ambitieux à la hauteur de l’enthousiasme qui l’avait porté au pouvoir et ne se vit offrir à la place qu’une tentative dérisoire de reconstruire à l’identique le système dont l’irrémédiable effondrement avait été observé dans la stupeur l’année précédente.

La bulle du crédit avait été d’une dimension inédite et l’on découvrait rapidement que le trou creusé par son éclatement était si grand que les moyens pour le combler manquaient, et ce malgré un doublement du déficit budgétaire des États–Unis. La tentative de reconstruction tourna rapidement au fiasco et l’on décida alors d’instaurer un état d’urgence qui permettrait la mise entre parenthèses des règles prudentielles régnant d’ordinaire. Citons parmi les oukases les plus spectaculaires et les plus choquantes : l’obligation faite sous la menace au FASB, le Financial Accounting Standards Board, l’organisme américain chargé des règles comptables, de modifier dans un sens favorable le mode de calcul du prix des produits financiers dépréciés, ou la directive encourageant les organismes de crédit à s’abstenir d’enregistrer comme pertes la différence entre la somme encore due et la valeur du collatéral lorsque la seconde était devenue inférieure à la première. Le contexte d’un tel abandon des principes les plus élémentaires de gouvernance était celui d’un « tout est bon » généralisé où la Federal Reserve distribuait ses faveurs sans révéler ni à qui ni pour quel montant, prétextant que la divulgation de ces informations fausserait la logique concurrentielle.

Les banques centrales bénéficiaient depuis leur origine d’une autonomie et d’une indépendance destinées à les protéger contre les vues à court terme des politiques soumis aux pressions résultant de leur souci de se voir réélus. Cette indépendance garantissait une certaine opacité à leurs faits et gestes et la tentation était grande du coup de leur transférer la responsabilité de toutes les tâches dont on ne voulait pas rendre les détails publics, les États-Unis s’engagèrent dans cette voie sans la moindre hésitation. La manœuvre n’en était pas moins voyante et se doublait d’une rotation sans retenue de personnel entre l’administration, la Federal Reserve et les échelons supérieurs des grandes banques qui donna lieu à l’expression « Government Sachs », où le mot gouvernement remplace « Goldman » dans le nom de la plus importante des deux firmes ayant survécu à la débâcle de Wall Street en 2008, l’autre étant Morgan Stanley. L’état d’urgence faisait qu’il n’existait plus qu’un seul monde où les représentants de l’État, de la banque centrale ainsi que les dirigeants des plus grosses banques commerciales se consultaient en permanence pour prendre les décisions qui semblaient s’imposer. Cette confusion des pouvoirs n’épargna pas l’Europe : nécessité faisait loi.

Certains s’élevèrent contre le spectacle indigne que constituait désormais la fin du capitalisme. Parmi les noms que l’histoire retiendra, qu’ils deviennent un jour les héros du monde nouveau qui émergera des décombres, ou qu’ils apparaissent plus tragiquement comme prophètes dérisoires impuissants à prévenir la débâcle, on trouve aux États-Unis : Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds Monétaire International, qui proposa une interprétation de la politique américaine sur le modèle russe où une oligarchie locale tient en otage le gouvernement du pays, Elizabeth Warren, à la tête du bureau du Congrès qui supervise le TARP (Trouble Assets Relief Program), le programme gouvernemental de sauvetage de l’industrie financière – posant sur le ton d’une naïveté bon enfant, les questions qui s’imposent, Alan Grayson, le parlementaire qui traque inlassablement les sommes allouées sous le manteau dans le cadre de l’état d’urgence, ainsi que Marcy Kaptur, qui encouragea les familles dont la maison est saisie de résister par tous les moyens possibles à leur éviction. Admirables aussi en Grande-Bretagne, où l’expression « sens de l’État » semble ne pas avoir perdu toute signification : le baron Adair Turner, président de la Financial Services Authority, le régulateur des marchés financiers, qui dénonça les activités financières « inutiles au plan social », Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre qui, paraphrasant Churchill, déclara que « Jamais tant d’argent ne fut dû à tant par un si petit nombre » ou John Kay, vénérable économiste, dénonçant lui aussi le pouvoir d’oligarques « incrustés » et « haïs du peuple ».

Les autorités entreprirent une vaste campagne destinée à convaincre le public qu’une reprise était parfaitement possible alors même que le taux de chômage n’arrêtait pas de progresser, paradoxe qui les força à lancer le concept surprenant de « reprise sans emploi ». Le marketing de la nouvelle expression ne parvint cependant pas à améliorer la situation de l’immobilier commercial américain : comment les propriétaires d’hôtels, les promoteurs de centres commerciaux ou de nouvelles stations touristiques, pourraient-ils rembourser leurs emprunts en l’absence de clients ?

Seul dans son cas au sein de l’économie, le secteur bancaire reprenait du poil de la bête. Nullement bien entendu dans son activité d’intermédiation utile à l’économie, la plupart des candidats à l’emprunt – particuliers ou entreprises – étant désormais de bien trop mauvais risques, mais dans ses activités nocives de spéculation. L’argent offert par les banques centrales à des taux proche de zéro, et qui ne trouvait pas emprunteur, était alors replacé auprès d’elles, où il se trouvait rétribué, opération sans risque mais qui rapportait gros. Les banques centrales, quant à elles, auprès de qui les produits financiers dépréciés étaient placés en pension, s’étaient transformées en ces « bad banks », ces banques de défaisance, que l’on avait évoquées au début de la crise mais qui n’avaient pas pu être mises sur pied.

En arrière-plan de tout cela, la Bourse affichait une bonne santé insolente, apportant son soutien à l’effort des gouvernements affirmant que tout était en train de s’arranger. Il y avait plusieurs raisons à cela. La première était que le Bourse constitue en toutes circonstances une zone refuge pour les capitaux en mal de placement. La deuxième était que le prix des valeurs grimpait grâce à des opérations automatisées – en croissance constante – des plus grands intervenants, au premier rang desquels, Goldman Sachs précisément, utilisant le « High Frequency Trading » pour vendre et acheter des titres en quelques fractions de seconde et bénéficier ainsi d’une ristourne accordée par les organisateurs des marchés pour récompenser ceux qui procurent de la liquidité – même si, comme dans ce cas-ci, ce sont les mêmes exactement qui la consomment aussitôt après. La troisième était que la hausse des prix à la Bourse de New York se contentait de compenser la dépréciation du dollar – ce qui n’empêchait pas les autres Bourses de la suivre à la hausse, le rapport entre les bénéfices d’une société cotée en Bourse et le prix de son action étant en réalité arbitraire.

Seule la Chine semblait triompher. Les chiffres ne trompaient pas : l’Empire du Milieu tirait apparemment son épingle du jeu. Le nouveau « New Deal » rooseveltien attendu dans l’Amérique du président Obama, c’était la Chine qui le mettait en place. On s’inquiétait seulement de quelques anomalies, comme le fait que l’augmentation vertigineuse des ventes de voitures en Chine n’avait aucun impact sur la vente de carburant, qui demeurait elle étale. Les sommets atteints par la Bourse de Shanghai obligeaient également de s’interroger sur la capacité des autorités chinoises à maîtriser mieux que leurs homologues occidentaux, les bulles financières. Le retour en grande pompe dans les discours officiels de Mao-Zé-Dong et de Karl Marx confirmait ce dont chacun se doutait : que le capitalisme n’avait été pour la Chine qu’un instrument transitoire mobilisé aux fins de parfaire sa révolution industrielle.

Entre la Chine, peut-être triomphante, et les États-Unis persistant à suivre la voie qui les avait pourtant conduits au gouffre, l’Europe se tâtait. Un attentisme coupable de sa part qui la forcera sans aucun doute à se mordre les doigts dès 2010.

Merci Paul Jorion

20 décembre 2009

Hausse des cotisations : c'est qui les gros pigeons ?




Les cotisations des assurances complémentaires santé (mutuelles, assurances privées, etc.) vont augmenter de 4 à 7% en 2010, en raison notamment de la vaccination contre la grippe H1N1 et des déremboursements de la Sécurité Sociale.En effet, pour financer la campagne de vaccination, l'Etat et la Sécurité sociale ont mis à contribution l'ensemble des organismes complémentaires d'assurance santé !

Le financement de la campagne de vaccination serait ainsi responsable d'un point de hausse des cotisations.

A cela s'ajoutent les transferts de charges de l'assurance maladie vers les complémentaires (déremboursement de certains médicaments, augmentation de 2 euros du forfait hospitalier, etc.) ainsi que la taxe contributive sur le chiffre d'affaires, instaurée en 2008 pour aider au financement de la couverture maladie universelle et reconduite en 2009.

L'augmentation des cotisations des mutuelles santé est donc inévitable pour 2010. Apprêtez-vous à payer plus pour continuer à être bien remboursé sur vos frais de santé.

source : assurland

11 décembre 2009

Des livres à offrir pour noël !

Paul Jorion : la méthode scientifique, et toujours l'économie

06 décembre 2009

La Chine a essayé le capitalisme, hélas ça ne marche pas !

L’information date d’il y a un peu moins d’un mois : un sondage organisé par la BBC qui demanda à 29.000 ressortissants de vingt-sept pays leur opinion sur le capitalisme. 11% des personnes interrogées seulement jugèrent que le capitalisme fonctionne de manière satisfaisante. Dans 21 des 27 pays, une majorité affirma avoir perdu confiance en lui. La France se révéla la plus critique avec 43 % des répondants considérant qu’il fallait que le capitalisme soit remplacé par un autre système économique. L’information n’est pas passée inaperçue en Chine : deux jours plus tard, le 11 novembre, le sondage de la BBC faisait la une du Huan Qiu, le principal quotidien chinois.

Le surlendemain, le 13, Mr. Zheng Bijian, l’un des conseillers politiques du président chinois Hu Jintao, se trouvait à Taiwan, où une assurance particulière transparaissait de ses allocutions, assurance que leur conférait apparemment le sondage de la BBC. Les faits, disait-il en substance, permettent de trier entre les pratiques qui marchent et celles qui ne marchent pas. S’il est vrai que le régime de la Chine continentale doit continuer d’évoluer, concédait-il, Taiwan de son côté doit prendre conscience que sa démocratie parlementaire doit elle aussi se modifier pour échapper aux tentations de la démagogie et du populisme, défauts habituels de ce système politique. Selon Francesco Sisci, correspondant en Asie de La Stampa : « La position de Mr. Zheng n’est pas sans rencontrer d’écho dans l’île, où de nombreux hommes d’affaires et de nombreux magnats admirent désormais l’efficacité de la Chine continentale ainsi que ses succès économiques ».

Signe des temps, ce sont les entreprises d’État chinoises qui ont bénéficié essentiellement du récent plan de relance s’élevant à 390 milliards d’euros et, dans un renversement significatif de la tendance, ce sont elles qui absorbent maintenant les entreprises privées. Autre signe des temps, la nouvelle statue de Mao à Chong Qing, haute de vingt mètres, ou son buste haut de trente-deux mètres récemment érigé dans le village de Jou-Zhi-Zhou, non loin de son lieu de naissance.

Tandis qu’en France la Commission Stiglitz – Sen propose de remplacer le Produit Intérieur Brut (PIB) par d’autres indicateurs de « la performance économique et du progrès social », la Chine a introduit de son côté le concept de « PIB rouge », dont la finalité est d’évaluer « les besoins réels des masses ». Mao parlait en son temps des obstacles au communisme que constituaient les « trois grandes montagnes » qu’étaient la féodalité, le capitalisme bureaucratique et l’impérialisme. Les tenants actuels du « modèle d’étude marxiste inspirant le parti », selon l’expression consacrée aujourd’hui, ont engagé le combat contre les « trois nouvelles montagnes » : le coût exorbitant dans la Chine contemporaine des soins de santé, de l’éducation et du logement.

On se souvient du rire de bon cœur des étudiants de l’Université de Pékin qui accueillit en juin les propos de Timothy Geithner, quand il dit que l’achat de Bons du Trésor américains constituait pour la Chine un excellent placement. Dans un contexte de désolation globale, seule la Chine semble émerger aujourd’hui. Les chiffres qu’elle communique suggèrent que l’Empire du Milieu parvient à tirer son épingle du jeu. Le nouveau « New Deal » rooseveltien, que l’Amérique haletante attendait de son président fraîchement élu, c’est bien la Chine qui l’a mis en place. On s’inquiète seulement de quelques anomalies, comme le fait que l’augmentation vertigineuse des ventes de voitures en Chine semble n’avoir aucun impact sur la vente de carburant, qui demeure elle étale. Les sommets atteints par la Bourse de Shanghai forcent également de s’interroger sur la capacité des autorités chinoises à maîtriser mieux que leurs homologues occidentales, les bulles financières.

Le retour en grande pompe dans les discours officiels de Mao et de Karl Marx confirme ce dont chacun se doutait : que le capitalisme n’aura été pour la Chine qu’un instrument transitoire mobilisé aux fins de parfaire sa révolution industrielle. « Nous avons accordé sa chance au capitalisme. Hélas, ajoute-t-elle la mort dans l’âme, cela ne marche pas ! »

Merci Paul Jorion

04 décembre 2009

Le capitalisme, le libre marché et le libéralisme

Paul Jorion : Bien fait pour leur pomme !




Vous avez dû suivre cette affaire : un ou plusieurs hackers sont parvenus à pénétrer les archives du CRU (Climate Research Unit) à l’Université d’East Anglia à Norwich en Grande-Bretagne. Le CRU, je vous le rappelle, est un groupe de travail qui affirme avoir mis en évidence le réchauffement climatique et la responsabilité « anthropique » dans ce réchauffement.

Qu’a-t-on découvert dans ces archives ? La preuve apparemment que ce groupe a trafiqué / falsifié sa recherche. On y trouve en effet la trace de quantité de sous-entendus, de manœuvres douteuses et autres coups tordus.

Les hackers affirment qu’ils ont ainsi apporté la preuve que le réchauffement climatique et son origine anthropique sont un faux, une machination. Est-ce bien le cas ? Difficile à dire, mais probablement non : ce que l’on découvre en réalité dans ces messages piratés, c’est la pratique quotidienne des scientifiques, à savoir, et dans le désordre : « cliquisme », mauvaise foi systématique, barrage corporatiste contre les idées hétérodoxes, clientélisme, etc. etc. Rien de plus en réalité que l’ordinaire des milieux universitaires.

Durant ma carrière dans la finance, on m’a souvent dit : « Vous avez dû être choqué par la manière dont on se conduit dans les milieu des affaires ! » Et ma réponse a invariablement été : « Hélas non : c’est bien pire dans l’université ! »

Une anecdote datant d’il y a bien longtemps (1979). J’avais écrit un article où je comparais les conceptions de W.H.R. Rivers, l’un des pères fondateurs de l’anthropologie de la parenté, à celles de Claude Lévi-Strauss, sur les implications pour les cultures des contacts qu’elles ont entre elles. J’avais soumis mon texte à la seule revue d’histoire de l’anthropologie qui existait à l’époque (il s’agissait d’une revue anglophone). J’avais essuyé un refus. La lettre anonyme (une pratique courante – censée garantir l’objectivité des opinions émises !) qui me l’annonçait offrait une explication vaseuse, où se reconnaissait par ailleurs facilement le style de celui qui dominait alors la discipline « histoire de l’anthropologie » et y bénéficiait en réalité d’un quasi-monopole. L’identité de l’auteur ne faisait aucun doute pour moi et je lui écrivis directement. Je lui dis qu’il était injuste qu’il barre ainsi l’accès de la discipline à de nouveaux auteurs. Il me répondit très brièvement avec une phrase du genre : « À la guerre comme à la guerre ! » Trente ans plus tard, mon article est toujours inédit : je l’ai retrouvé dans une caisse il y a quelques semaines.

Seulement, ce genre de pratiques universitaires, quand d’autres tombent dessus accidentellement, n’apparaissent pas à leurs yeux pour ce qu’elles sont avant tout : pour de la simple bassesse, mais pour ce qu’elles sont aussi, à savoir de la malhonnêteté. Et l’on crie alors au scandale.

C’est fou ce que l’on découvre ces jours-ci de monde – et cela va de Goldman Sachs à Wall Street au CRU en East Anglia – qui ont pris un malin plaisir à creuser leur propre tombe.

Qu’on ne compte pas sur moi pour pleurer sur leur sort : bien fait pour leur pomme !

DU BLog de Paul Jorion

La Société Générale met en garde ses clients contre un effondrement de l’économie

La Société Générale a indiqué à ses clients comment se préparer à un effondrement potentiel de l’économie mondiale. Dans un rapport intitulé « Le pire scénario de la dette », l’équipe de recherche économique de la banque a déclaré que les plans de sauvetage mis en place par nos dirigeants sur l’année 2008 et 2009 n’ont fait que transférer la dette privée dans les bras de gouvernements déjà fragilisés par leurs propres déficits créant ainsi une nouvelle série de problèmes.

l'article ici

Identité nationale suite

Jusque-là, le pouvoir avait toute raison de se féliciter de son idée de débat sur l'identité nationale, lancé depuis la case « immigration ». Cela marchait comme sur des roulettes. Malgré quelques protestations -justifiées- contre les arrières-pensées électorales de l'Elysée, le débat a « mordu » dans l'opinion et a pris de l'ampleur.

Les intellectuels s'y sont plongés avec délice, noircissant les pages « opinion » des journaux ; les Français se pressent aux réunions organisées sur le sujet ; Eric Besson, traître à la gauche devenu sa cible, est désormais auréolé de ce succès, au point que même Libération juge qu'il « trahit avec panache ». Le pouvoir, quand à lui, anime le « grand débat » sans grande orientation : l'essentiel est que l'on entende les mots « national », « immigration » et « sécurité ».

L'objectif de Nicolas Sarkozy est de consolider les positions qu'il a prises en 2002 sur l'électorat traditionnel du Front national, en vue des régionales. Et pour y parvenir, il n'hésite pas à aiguillonner ses lieutenants. Sur l'immigration, leur a-t-il déclaré, »allez y à fond la caisse » ! Sur l'identité nationale, il leur a lancé : « Je veux du gros rouge qui tache » (traduire : ciblez les milieux populaires)… L'UMP s'y est mise à coeur joie. Mariages gris, burqa, expulsions et couvre-feu… tout est bon pour nourrir les passions.

Problème, le gros rouge tache plus fort que prévu. Il éclabousse. L'affaire des minarets suisses, imprévue, a libéré la parole. Les inhibitions tombent, avec des bruits de vase. La xénophobie suinte sur le site mis en place par le ministère. Un maire UMP peut même déclarer sans honte qu'il est « temps de réagir » pour ne pas « se faire bouffer » par ces « dix millions » (il ne les nomme pas) que l'on « paye à ne rien foutre »… Ajoutez à cela l'apparition de sondages sur les mosquées, et le tableau est complet.

Tel le docteur Frankenstein, la droite voit sa créature prendre son autonomie et détruire tout sur son passage. Conçue pour siphonner les voix du Front national, elle vient gonfle l'extrême-droite dans les têtes d'abord, en attendant de gagner le fond des urnes en 2010. La machine, devenue folle, se retourne contre ses créateurs : elle fabrique désormais du FN, du bon gros FN qui tache.

Le lien ici

Inquiétudes à droite sur les risques de dérapage du débat sur l'identité nationale

"Je veux du gros rouge qui tache." C'est la consigne qu'a donnée Nicolas Sarkozy à ses ministres à l'Elysée en novembre. En plein débat sur l'identité nationale et à l'approche des élections régionales de mars 2010, nul besoin de délicatesse alors qu'il faut reconquérir les classes populaires de nouveau sensibles au Front national. "Le message était : "affirmez vos convictions, n'hésitez pas à cliver, les Français nous soutiennent"", raconte le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux.

L'articvle du Monde ici

03 décembre 2009

L'identité Française selon sarkozy

02 décembre 2009

Krugman, un économiste révélé par la crise



Prix nobel d'économie, Paul Krugman a lentement évolué de positions très optimistes sur la mondialisation à une prise de conscience de ses aspects sombres. Il prend dorénavant parti pour une taxation des mouvements de capitaux pour freiner la spéculation, et défend également la limitation du libre-échange.

l'article ici

Le vaccin suite

Merci Richard pour les liens !





01 décembre 2009

Origine du A(H1N1) : la piste d’une erreur de laboratoire est envisagée

Dans le sérieux Virology Journal, trois scientifiques australiens livrent leurs enquête sur les causes de l’apparition du virus H1N1, rendu célèbre par la déclaration de pandémie et depuis peu, rebaptisé H1N1pdm.Si ces souches virales de 1993 et 2000 se sont mélangées en 2009, c’est que des souches filles de ces ancêtres se sont trouvées réunies. Et donc, il faut partir à la recherche de ces souches récentes mais comme le laisse entendre Gibbs, cela suppose la coopération des laboratoires car si son hypothèse est exacte, c’est dans ces labos, plus que dans la nature, que l’on risque de trouver les indices adéquats.

L'article ici

29 novembre 2009

Eric Laurent : la face cachée des banques

24 novembre 2009

Hadopi : hi hi hi !

20 novembre 2009

Silence On Vaccine









13 novembre 2009

La face cachée des banques : un livre passionnant

Dans "la face cachée des banques", qui sort chez Plon le 22 octobre prochain, Eric Laurent, auteur de best-sellers, décrit les liens incestueux entre Wall Street et l'administration américaine. Il raconte son enquête en vidéo.





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Le temps qu’il fait, le 8 novembre 2009

La crise monétaire internationale et le traité du SUCRE, par Jacques SAPIR

Article communiqué par Jacques SAPIR (source : blog de Malakine)


L’échec de la tentative de ces derniers jours des Banques Centrales à inverser le cours du Dollar américain, et l’impossibilité d’exercer des pressions efficaces pour une réévaluation du Yuan chinois, indiquent bien que la question des changes est aujourd’hui au-delà de ce que peuvent contrôler les pays du G-20. En particulier, rien ne semble pouvoir arrêter le processus de surévaluation de l’Euro. Les bribes de réglementation sur la question des rémunérations et des bonus qui ont été arrachées ne sauraient ici tromper qui que ce soit.

La crise du Dollar va donc continuer à s’amplifier dans les mois à venir, provoquant des ajustements qui – en raison de leurs poids cumulatifs – vont très probablement conduire à une crise ouverte du système monétaire international. Les marchés des matières premières – hydrocarbures mais aussi céréales et métaux – seront de plus en plus déstabilisés car ils deviendront l’un des refuges de la spéculation. Faute d’aboutir à une solution concertée, qui clairement n’est pas possible aujourd’hui, c’est bien vers des initiatives régionales que l’on s’oriente. Dans leurs formes actuelles cependant, ces initiatives ne sauraient constituer qu’un palliatif. Il est même douteux que pour certaines d’entre-elles, et l’on pense ici spécifiquement à l’Euro, il arrive à se constituer en réelle alternative.
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La crise et le parlement européen

Récit de Paul Jorion

J’étais hier après-midi, l’un des huit « experts » conviés par la Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen, à Bruxelles, sur « Les causes de la crise financière, ses conséquences et ses défis pour l’Union Européenne ».

Depuis la rentrée en septembre, j’ai participé à une demi-douzaine de réunions de ce type, où une brochette d’orateurs est appelée à se prononcer sur un thème similaire. Spécificité de l’après-midi d’hier : la médiocrité des interventions de mes co-panélistes, accumulant les clichés, les propos convenus, ânonnant les directives – qui de sa banque, qui de son gouvernement –, tout cela dans une affreuse langue de bois bureaucratico-administrative. Autre spécificité de la réunion d’hier : le très faible niveau d’information des intervenants de la salle, émergeant parmi les quelques centaines de parlementaires présents et leurs assistants, et posant des questions dont la teneur suggère – pour utiliser l’expression consacrée – qu’ils ou elles « tombent des nues ». J’excepte intentionnellement du lot, ceux qui, s’adressant à moi, insistèrent pour entendre le point de vue spécifique d’un anthropologue.

J’ai présenté comme origine de la crise, cinq causes principales (le résumé de mon intervention devrait être mis en ligne sur le site du comité) : baisse de la part salariale dans le partage du surplus au cours des trente dernières années – soulignant le rôle joué par les stock-options dans ce processus –, remplacement des salaires déficients par une politique de crédit complaisante, montée en puissance des bénéfices financiers dans la création de richesse – jusqu’à dépasser aux États-Unis 40 % de celle-ci, médiocrité et insuffisance des modèles financiers, aussi bien dans la valorisation des produits que dans la gestion du risque, enfin, vice conceptuel de la titrisation, transposant abusivement une logique assurantielle à un secteur – l’immobilier – coutumier des bulles financières.

Concluant par une perspective géopolitique, j’exposais brièvement la dynamique du « G2 » – encore appelé « Chimérique » – l’illustrant d’une référence au principe « faire de la force de son adversaires, sa faiblesse », emprunté aux arts martiaux chinois aussi bien qu’à l’« Art de la guerre » de Sun Tzu. M’adressant à l’auditoire, je lui demandais de manière très rhétorique si l’Europe entendait suivre les États-Unis dans le gouffre qui s’est creusé sous elle, et où elle se précipite en ce moment avec un enthousiasme renouvelé, ou si elle entendait émerger dans sa spécificité propre, comme troisième voie entre la Chine et l’Amérique.

Le temps des questions m’offrit également l’occasion de défendre l’idée d’une constitution pour l’économie, ainsi que l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

L’apathie, la passivité, le manque d’un sens de l’urgence, qui caractérisaient les interventions entendues hier impliquent-elles que je devrais ignorer désormais les réunions de ce genre ? Non, car détonaient sur ce fond de médiocrité bureaucratique généralisée, les propos de Wolf Klinz, Président du Comité, et ceux de Pervenche Berès, son Rapporteur, les seuls à converger avec les miens. En m’invitant à témoigner devant ce comité, ils entendaient secouer le cocotier, tâche dans laquelle je serai toujours prêt à les seconder.

09 novembre 2009

Zemmour vs Hamon, Kool Shen et Frédéric Lopez !

04 novembre 2009

Bourdieu parle de Lévi-Strauss

29 octobre 2009

La vérité sors de la bouche des traders !

Mardi soir, ARTE après deux documentaires consacrés à la banque, l’un sur les relations douteuses entre les banquiers et leurs clients, l’autre à la vie de la City de Londres où un an après la crise rien n’a changé, a diffusé un débat hallucinant de franchise et de cynisme avec deux traders, dont le très médiatique Marc Fiorentino.

L'avenir des concerts : l'hologramme !

Essentiellement féminin et âgé de moins de 20 ans, le public se presse déjà depuis de longues minutes devant la petite scène du Showcase, club parisien des bords de la Seine. Et soudain, les quatre Tokio Hotel apparaissent, comme par magie.

Ils sont là, à quelques dizaines de centimètres à peine des premiers rangs. On pourrait les toucher, mais les doigts passeraient au travers des quatre garçons allemands dans le vent. Car ce ne sont les quatre compères de Tokio Hotel, mais leurs hologrammes qui sont sur scène. L'illusion est saisissante.

Tokio Hotel vient de faire une dizaine de concerts comme celui-là en Europe. Sylvie Garat, de la société Musion, propriétaire de la technologie, explique que l’illusion a été parfaite partout où le show a eu lieu.

Une constitution pour l’économie (Paul Jorion)

Une constitution pour l’économie

Première université européenne d’été de l’IHEST

Paul Jorion est sociologue et anthropologue de formation. Son parcours l’a conduit à s’occuper de questions liées à la gestion du patrimoine en France, puis, en Angleterre et aux Etats-Unis, à l’intelligence artificielle et à la finance. Il est l’auteur d’un livre très médiatisé, car anticipateur : Vers la crise du capitalisme américain ? Par ailleurs, il anime un blog qui rencontre un grand succès, et va publier prochainement deux nouveaux ouvrages, qui paraîtront le même jour, le 28 octobre prochain. Paul Jorion peut être qualifié de penseur indépendant, ne faisant pas partie de la communauté académique.

Voir la vidéo de l’intervention de Paul Jorion prononcée le 7 Septembre 2009 lors de la première université d’été de l’IHEST

Le lien ici

La folie des grandeurs de Sarkozy, quand il présidait l'UE



Mediapart s'est procuré le rapport de la Cour des comptes qui décortique – et critique – les dépenses engagées lors de la présidence française de l'Union européenne. Au total, 171 millions d'euros ont été dépensés en six mois: 1 million par jour... La Cour des comptes s'interroge sur plusieurs opérations. Elle pointe ainsi une «programmation excessivement touffue», «la multiplication et le coût parfois élevé des opérations», le caractère «parfois dérogatoire, voire irrégulier, des procédures suivies», et «l'utilité publique variable» de toute cette machinerie. Mediapart s'attarde sur trois exemples et publie l'intégralité de ce rapport.
Au centre de la polémique: les 16,6 millions d'euros dépensés pour le sommet de l'UPM (Union pour la Méditerranée) avec un dîner à 5.000 euros par convive, des salons présidentiels et une douche... Mediapart décrypte ces critiques, les arguments en défense du gouvernement et donne quelques précisions supplémentaires.

Jetueunami.com: Séguéla déteste Internet… sauf quand ça lui rapporte

Séguéla, auto-proclamé ennemi numéro 1 du web, a d'autres activités que de se pavaner sur les plateaux télé. Il est responsable d'Euro RSCG, boîte de pub qui, comme nous l'apprend Slovar, a créé un jeu proposant de tuer (virtuellement) un ami… sur internet. La première victime?
Nous pensons qu’il serait intéressant que Laurent Ruquier invite à nouveau notre « moralisateur » sur son plateau pour qu’il nous explique en quoi la dernière création Web : « jetueunami.com » de BETC Euro RSCG (qui est une des filiales du goupe Havas dont il est le Vice-Président : Chief Creative Officer), n’est pas « la plus grande saloperie qu’aient jamais inventée » ... des « créatifs » ?

C’est quoi jetueunami.com ? Présentation par le site Fluctuat:
« Marre de votre patron, de votre rédacteur en chef ou de votre petit copain / copine ? Vous voulez lui faire comprendre qu’il ne faut pas trop rigoler avec vous ? 13ème rue propose en association avec BETC Euro RSCG une solution assez élégante pour vous débarrasser de cette empêcheur de tourner en rond grâce au site jetueunami.com.
Depuis internet, donc, vous collez la tête de votre cible, vous choisissez votre tueur et en un clic vous n’avez plus qu’à admirer le résultat de votre commande (oui, les tueurs sont modernes aujourd’hui, ils fournissent la vidéo du meurtre, c’est très pratique).
Cinq tueurs (et en conséquence cinq scénarios) sont à votre disposition : mort par balle, à l’épée ou coulé dans du ciment... La vidéo est envoyée à votre « ami » et il n’aura plus qu’à vous remercier de votre gentillesse en vous renvoyant l’ascenseur... dans la gueule » - Source Fluctuat

Besson taquin entre deux reconduites à la frontière

27 octobre 2009

L'Amérique en dépression : c'est officiel !

On a très peu entendu parler de Mr. Joe Biden, depuis qu’il est devenu Vice-Président américain. Il a cependant eu sa petite heure de gloire la semaine dernière en affirmant que la situation de l’emploi aux États–Unis est telle que l’on ne se trouve plus dans un contexte de récession mais d’authentique dépression. Le fameux analyste financier Bill Bonner, de la Chronique Agora, est du même avis : il écrivait vendredi : « Nous sommes dans une dépression, pas dans une récession ».

Patrick Artus, économiste en chef chez Natixis, n’est pas en reste en matière de véhémence. Il écrivait mercredi : « Que les gouvernements aient le courage de dire la vérité aux Européens ! ».

La vérité ? à quel sujet ? Citons-le :

« Au lieu d’entretenir l’espoir d’une reprise rapide de la croissance et de l’emploi, les gouvernements feraient mieux de dire aux Européens qu’ils vont être confrontés :

[Premièrement,] à une perte irréversible d’emplois dans les secteurs qui se contractent après la crise (la construction, la finance, les biens durables…), d’où un chômage durablement très élevé ;

[Deuxièmement,] à l’absence d’idées pour créer des emplois nouveaux en quantité suffisante pour compenser les pertes d’emplois ;

[Troisièmement,] à la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, avec le chômage élevé, les dé-localisations… »

Où est l’époque – pourtant pas si lointaine – où Mr. Artus et moi-même – disions toujours le contraire l’un de l’autre ?

J’ai évoqué le nom de Bill Bonner, tout à l’heure. John Mauldin, est lui aussi un analyste financier vedette, ami d’ailleurs de Bill Bonner. Je viens de lire son courrier en date de vendredi. Mauldin n’est pas sûr que le monde soit déjà plongé dans la dépression. Mais qu’offre à lire sa newsletter hebdomadaire ? une longue évocation nostalgique et pas toujours très cohérente de son enfance et de celle de son ami Bill Bonner.

Mauldin est né dans la misère et il s’interroge si tel ne sera pas aussi le sort de ses propres petits-enfants : « De la misère à la misère, en trois générations seulement ! », ironise-t-il. Et son courrier se conclut par une profession de foi à la fois grandiloquente et sans grande conviction dans le retour prochain de l’Amérique au premier plan des nations. Hum… hum ! Une chose est certaine : la dépression, à titre personnel, John Mauldin y est déjà !

L'article de Paul Jorion c'est ici

23 octobre 2009

Crise et anthropologie : Paul Jorion

Jean Sarkozy renonce provisoirement à la présidence de l’EPAD

Jean Sarkozy vient donc d’annoncer qu’il ne se présentera pas à la présidence de l’EPAD. Mais il ne renonce pas pour autant à entrer au conseil d’administration de l’établissement public qui gère le plus grand centre d’affaires d’Europe.

l'article ici

La phrase MDRXXL (mort de rire XXL) du jour

«Ma passion pour l’engagement politique est inaltérée parce qu'elle est inaltérable»

Jean Sarkozy, annonçant jeudi soir qu'il renonçait à la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epad).


On a envie de lui dire : "va faire tes devoirs, à 23 ans il est temps d'avoir ta deuxième année de fac"

Stéphane Guillon : le gouvernement n’a pas le moral

22 octobre 2009

« Faisons un journal télévisé acquis au pouvoir ! »

20 octobre 2009

La liberté de la presse se dégrade en France selon le classement RSF

La France passe de la 35e à la 43e place. Les Etats-Unis rejoignent la tête du classement, tandis qu'Israël perd quarante-sept places.

L'article ici

Internet et les enjeux démocratiques



A mettre en parallèle avec l'article ci-dessous :

Pour Jacques Séguéla internet est la plus grande saloperie qu'est inventé les hommes.

Samedi soir le publicitaire Jacques Séguéla dans l'émission de Laurent Ruquier On est pas Couché a défendu Julien Dray en insultant le net.

Pour lui Internet est la plus grande saloperie qu'est inventé les hommes.

voici la vidéo de Full Hd Ready c'est a la huitième minutes

19 octobre 2009

Torture made in USA

A Guantanamo comme en Irak ou en Afghanistan, l'administration Bush a institutionnalisé la torture. Ses juristes ont tout fait pour s'exonérer des conventions de Genève et du droit de la guerre. Du 19 octobre au 19 décembre, Mediapart diffuse, en partenariat avec ACAT-France, Amnesty International et Human Rights Watch, l'enquête exclusive de la journaliste Marie-Monique Robin. Un documentaire de 85 minutes que vous n'avez pas pu voir à la télévision.

Pour un affichage plein écran, cliquez sur le carré en bas à droite du lecteur.

La « quantité de mouvement » propre à chaque marchandise

Disponible sur le blog de Paul Jorion


Monsieur Jorion,

Aussi nécessaire soit-elle, votre argumentation présentée dans l’article du MAUSS ne suffira pas à convaincre le plus grand nombre. Dans les faits, il y a une corrélation entre les quantités et les prix, mais elle est structurelle. Sur un territoire donné, on observe en effet une hiérarchie des prix, peu ou prou décalquée sur une hiérarchie d’abondance des choses. Pour faire court, disons que l’on trouve, à leurs extrémités, la baguette de pain à 1 euro 50, et la berline de luxe à 200.000 euros. Cela autorise à penser que plus une chose est abondante, plus bas en est le prix, et réciproquement bien sûr. Cette hiérarchie vient du fait que le prix d’une chose est essentiellement formé de son coût de production, et que seule la marge bénéficiaire du vendeur est négociable dans l’échange.

Cette fichue loi a une part de vérité qu’il convient de reconnaître pour mieux la démolir en tant que loi générale de formation des prix. (J’avais d’abord écrit « fond de vérité », mais c’est dans le fond qu’elle est archi-fausse !) L’on sait par exemple qu’un gros distributeur peut constituer des stocks pour organiser la pénurie et ainsi faire augmenter les prix. Il provoque une distorsion par rapport à ce qui semble être un point d’équilibre, mais celui-ci n’existe qu’entre des flux, pas entre des volumes. On se rappelle aussi, qu’à une certaine époque, l’Europe produisait plus de beurre qu’elle n’en pouvait consommer, ce qui l’obligeait à le stocker faute de pouvoir le vendre presque gratuitement.

Cela conduit du reste à imaginer une sorte d’équivalence économique de la conservation de la quantité de mouvement. En effet, puisqu’il est trivial et conforme au sens commun d’admettre que, pour vendre plus en volume il faut baisser les prix, et que les augmenter provoque une baisse des ventes, on voit que le produit volume*prix est « conservé », comme si le prix était une « vitesse de vente » : ce qui ne coûte pas cher se vend plus vite que ce qui est onéreux. (D’ailleurs, quand un produit « se vend bien », – et sous-entendu à bon prix -, ne dit-on pas qu’il se vend « comme des petits pains », c’est-à-dire vite et pas cher ?) Et ce serait la « quantité de mouvement » propre à chaque marchandise qui la placerait à un certain niveau dans les hiérarchies d’abondance et de prix dont je parlais plus haut. Ce schéma suggère que la « quantité de mouvement » de l’ensemble pourrait augmenter comme le PIB, et que sa structure se déforme au fil du temps sous les effets conjugués du progrès technique, de la productivité, des habitudes de consommation…

Mais la profonde stupidité de cette loi est ailleurs : elle tient dans sa prétention à passer pour une loi de la nature, ce qui lui fait dire que « l’offre » et « la demande » sont des grandeurs « agissantes » comme le sont la masse, le champ de gravitation, le courant électrique… Pour qui admire sincèrement l’œuvre scientifique, (en tant qu’œuvre de l’esprit), c’est une hérésie scandaleuse, absolument intolérable. Cette loi, qui attribue aux marchés une « efficience » quantitative indépendante de la volonté humaine, préparait le terrain aux théories libérales qui leur attribuent, de surcroît, une efficacité qualitative puisque les prix ainsi formés seraient « les meilleurs possibles ». Vous savez mieux que moi où cela nous a conduit.

Si l’on cherche une loi fondamentale de formation des prix, il faut mettre ceux-ci en rapport avec la durée de conservation des choses. Il est facile de voir que plus un bien est durable plus il est cher. Par exemple, si une belle maison coûte cher, ce n’est pas parce qu’elle est belle, mais parce que sa beauté incite à la conserver, de sorte que, restant belle, elle reste durable. Et les crises boursières surgissent non parce que l’offre serait subitement surabondante et la demande atone, mais parce que, subitement, les détenteurs de titres s’avisent que leur « valeur » n’est plus « durable », qu’elle risque de s’effondrer d’un jour à l’autre, de sorte qu’ils sont pressés de s’en débarrasser. Avant la crise, en période d’euphorie, ils croyaient avoir l’éternité devant eux, après ils n’ont plus une minute à perdre. On songe au Portrait de Dorian Gray…

Je tiens enfin à vous remercier chaleureusement de m’avoir répondu en postant un extrait de votre manuscrit. A travers les détails de votre description, on retrouve tous les éléments constitutifs de ce phénomène complexe que sont les échanges économique entre les êtres humains.
Avec mes salutations les plus respectueuses,

Crapaud Rouge

16 octobre 2009

La photo du jour

Les blondes et les micros

la séquence détente du jour :

Intérim et sans-papiers : la vidéo de la RATP relance le débat

Depuis 24 heures, une vidéo buzze sur le Net, qui montre les conditions de travail effroyables de sans-papiers, la nuit, dans les couloirs du métro à Paris. Ils sont employés non pas par la RATP mais par Asten, un sous-traitant qui a recours à de l'intérim, où les sans-papiers sont légion.




l'article ici

Plutonium dissimulé à Cadarache : l'Assemblée s'empare de l'affaire

A la suite de la découverte, sur le site de Cadarache, de plusieurs kilos de plutonium ayant échappé à tout inventaire, la directrice de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) va être "convoquée" à l'Assemblée.

le lien ici

Cette nouvelle fait écho bizarrement au reportage affolant sur Arte l'autre soir.

Tous bientôt radioactifs ?

Le débat des internautes




Mort de rire :

Selon vous, Louis Sarkozy, 12 ans, doit-il être nommé ambassadeur de France aux Etats-Unis ? Ou président de France Télévisions (il regarde souvent la télé)? Ou ministre de l'Education (il va tous les jours à l'école)?

le lien

15 octobre 2009

140 milliards de bonus pour les banques américaines en 2009!



Le Wall Street Journal a révélé des bonus honteusement hauts dans les banques états-uniennes. Paul Jorion se demande si, face à des capitalistes puissants et mis en danger par son réformisme , le Prix nobel ne vient pas le garantir des possibles menaces contre sa vie.

e mécanisme de la désignation du bouc-émissaire est l’un des plus vicieux que connaissent les sociétés humaines : un individu – ou une catégorie d’individus – apparaît soudain responsable de tous leurs maux et elles se persuadent alors qu’en se débarrassant de celui-ci, leur âge d’or serait à nouveau à portée de la main.

Mais que faire quand certains insistent à se porter volontaires dans ce rôle et – alors même que la vigilance est en baisse (parce que la Bourse est en hausse) – persistent à s’égosiller : « C’est moi ! C’est moi ! »
Je pense bien entendu aux dirigeants d’établissements financiers américains dont on apprend ce matin à la une du Wall Street Journal qu’ils se partageront, eux et leurs employés, 140 milliards de dollars cette année, la somme la plus élevée jamais attribuée, plus élevée même qu’en 2007 en ce qui concerne les 23 principaux d’entre eux, soit une moyenne de 143.400 dollars par employé, somme qui s’élève à 743.000 dollars chez Goldman Sachs – le double du montant versé l’année dernière dans cette firme.

La manne distribuée par le gouvernement américain n’a donc pas été perdue pour tout le monde. Bien sûr, les sommes les plus importantes sont attribuées par les banques ayant déjà remboursé le contribuable – on respire ! Et elles ne sont attribuées qu’à condition que soit respectée la nouvelle norme décourageant la prise de risque excessif – on se sent mieux !
Lorsque la taille du gâteau se réduit, et que ceux qui obtenaient déjà la part la plus large, s’arrangent – sans consulter personne – pour que la leur augmente encore davantage, c’est – comment dire ? déraisonnable : le jeu équivaut à jouer avec les allumettes.

Vous me direz : « Si cet argent a été gagné honnêtement, pourquoi ne pas le distribuer alors entre les employés ? » Cet argument est imparable et c’est celui qu’a d’ailleurs repris Mr. Van Praag, le porte-parole de Goldman Sachs, déclarant au WSJ : « Le meilleur moyen de détruire la firme serait de ne pas payer ses employés… Détruire une compagnie rentable ne serait de l’intérêt de personne. » Pardi ! mais si le Wall Street Journal s’indigne, croyez-moi, il doit y avoir quelqu’un, quelque part, pas trop éloigné des instances supérieures du monde financier qui doit penser – tout comme moi – qu’aujourd’hui à Wall Street on joue avec les allumettes.

La Norvège contre Wall Street
Ce qui m’encourage à revenir sur le Prix Nobel de la Paix attribué à Mr. Obama. Je n’ai pas été le seul à m’interroger à son sujet et on a appris, par exemple, que le jury qui lui a décerné le prix est composé de sociaux-démocrates, dont le plus influent serait même « de choc ». Admettons que l’idée se soit imposée en Scandinavie qu’il faille attribuer au président américain, un Prix Nobel. La physique n’aurait pas convenu, ni non plus la littérature : ses livres cultivent en effet la langue de bois, ni même encore l’économie : il est trop manifeste qu’il n’y entrave que pouic. Il ne restait donc que la Paix. J’ai dit l’autre jour qu’il s’agissait sans doute de lui apporter un renfort dans sa tentative de réforme de l’assurance-maladie mais la manœuvre relevait peut-être d’une considération plus générale.

Je m’explique : assassiner un Président des États–Unis, cela resterait une affaire intérieure à ce pays et, il faut hélas ajouter, qui présenterait automatiquement un petit air de déjà vu. Mais assassiner un Prix Nobel de la Paix, cela prendrait nécessairement une dimension internationale. La Norvège jugerait peut-être même bon de mener sa propre petite enquête sur les circonstances du meurtre. C’est pourquoi, il me semble maintenant que ce qui a valu à Mr. Obama son Prix Nobel, c’est la capacité qu’il lui reste de prononcer de manière inopinée, quelques heures seulement après l’attribution du prix (s’agit-il d’un cause à effet ?), des petites phrases comme celle-ci : «Tout cela n’a pas empêché les firmes financières et leurs lobbyistes de se mobiliser contre le changement. Ils font ce qu’ils ont toujours fait: ils prennent d’assaut le Congrès, ils utilisent la moindre bribe d’influence pour préserver un statu quo qui a optimisé leurs profits aux dépens des consommateurs américains, bien que bon nombre de ces Américains les aient renfloués il n’y a pas si longtemps et aient payé pour les mauvaises décisions qu’ils avaient prises ».

De tels propos ne vous mettent pas à l’abri des balles. Surtout quand les bouc-émissaires sont fiers de l’être et disposent d’une fortune personnelle considérable.

Retrouvez les articles de Paul Jorion sur son blog


*Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer " .

Même les lecteurs du Figaro lynchent Sarko

Epad : Jean Sarkozy ira jusqu’au bout » titre Le Figaro sur son site. C’est justement ce qui chafouine pas mal les visiteurs du site. Pas moins de 1150 commentaires traduisent le choc déjà ressenti par les députés de la majorité. De retour de leur circonscription, nombre d'entre eux ont expliqué s’être fait voler dans les plumes durant le week-end à propos de l’affaire « Sarkozy junior » ou « Prince Jean Jean, c’est selon ». Sur le site du Figaro, les papiers sur l'élection de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad croulent sous une avalanche de commentaires, largement négatifs, moqueurs, virulents, certains se désolant de cette France oligarchique, d'autres menaçant de renvoyer leur carte d'adhérent à l'UMP, de ne plus jamais voter à droite. Un tombereau inouï d'indignations.

l'article ici

Jean Sarkozy ne sera pas vraiment élu à l'EPAD

Pour ceux qui auraient un doute...

C'est le principal argument de la majorité : Jean Sarkozy sera élu par ses pairs et non désigné par son père. Sauf qu'en analysant la règlementation qui rgégit le conseil d'administration de l'EPAD, on réalise que les voix des huit représentants de l'Etat y sont prépondérantes.

L'article ici

Stéphane Guillon charcute Sarkozy père et fils : formidable !

14 octobre 2009

Noam Chomsky : le monde des affaires impose sa loi à la présidence

13 octobre 2009

Lycée : Sarkozy père vante "la fin des privilèges de la naissance"

Mort de rire ! Cette histoire devient le symbole de la décadence de nos gouvernants. Il faut se pincer pour y croire...

En pleine polémique sur la candidature de son fils Jean Sarkozy à la tête de l'Etablissement public de la Défense (Epad), le chef de l'Etat s'est risqué, mardi 13 octobre, à une petite remarque historique qui ne pouvait pas passer inaperçue. La création du lycée par Napoléon 1er "est un geste qui signifiait, très concrètement, la fin des privilèges de la naissance", a souligné Nicolas Sarkozy, lors de la présentation de la réforme de cette institution.
"Cela voulait dire : 'désormais ce qui compte en France pour réussir ce n'est plus d'être "bien né", c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve, par ses études de la valeur'", a insisté Nicolas Sarkozy

l'article ici

Les pantouflages familiaux

Libération rappelait samedi d’autres pantouflages familiaux, moins exposés en Sarkofrance : François Guéant (32 ans), fils du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a émargé au cabinet de Rachida Dati. Thomas Devedjian, fils de Patrick le ministre de la Relance, a été nommé directeur du Fonds Stratégique d’Investissement, mis en place par Nicolas Sarkozy pour investir dans les projets de relance…
Rappelez-vous les belles promesses du père, en 2007, pendant la campagne présidentielle : « je veux que les nominations soient irréprochables »



l'article ici

Lettre du maire adjoint de Nanterre à Jean Sarkozy : instructif !

Julien Sage
Maire-adjoint à Nanterre
Administrateur de l’EPASA
Secrétaire de l’Association des Jeunes Elus de France"

Cher Jean,

En premier lieu, je te félicite pour ta prochaine… comment dire… "nomination" à la tête de l’Etablissement Public d’Aménagement de la Défense, le premier parc d’affaire d’Europe, avec ses tours obsolètes, son déficit abyssal et son projet urbain en panne.
Jeune élu de 29 ans, je suis moi-même administrateur de l’établissement public voisin, Seine-Arche. Celui-ci fusionnera avec le tien d’ici peu, quand ton père aura signé le décret. Bien que depuis 2 ans je travaille sur les dossiers de ce secteur, ceux-ci sont encore complexes à comprendre. Dès lors, tu comprendras donc qu’il est difficile pour moi de voir nommé à cette place quelqu’un de moins informé que moi, et qui a priori va voir l’influence de son établissement étendu sur ma commune lorsque ton père aura signé le décret de fusion. C’est près de la moitié de ma ville qui sera sous l’emprise de l’établissement que tu présideras.
Je te conseille avant toute chose de prendre le temps de visiter le secteur : bien que voisins, Neuilly-sur-Seine et La Défense n’ont rien à voir, et Nanterre n’est pas une morne plaine à bétonner. Moi, qui suis né et qui vis depuis toujours dans cette ville, moi qui ai été élu avec 56% dès le premier tour, moi qui connaîs presque chaque mètre carré de cette ville, chaque hall d’immeuble, j’aurai moins de droit de décider l’avenir de ma ville que toi. Je ne serai peut être même pas dans le futur conseil d’administration que tu vas présider, puisque ton père va supprimer mon poste d’administrateur. Tu comprendras que je sois scandalisé de la voir dépossédée de son urbanisation, remise entre tes mains par un tour de passe-passe "juridico-administrativo-politique" un peu bancal.
Pire encore : le fric que ce nouvel établissement va se faire sur Nanterre, en vendant des droits à construire, va servir à éponger les dettes de la Défense, et servira à rénover les tours devenues de vraies épaves.
Jean, si tu as bien compris, tu seras bientôt chargé de bétonner ma ville, sans que je ne puisse rien dire, pour rembourser les dettes de ton père, qui présidait l’EPAD bien avant toi… il n’y a vraiment rien qui te choque là-dedans ?
Alors avec tout ça, tu comprendras que je sois vraiment dégoûté. Dégoûté de la politique ; dégoûté des discours qui parlent du mérite et qui ne me donnent même pas les droits que mérite un élu local : décider, avec toi ou d’autres, du devenir de la ville où j’ai grandi, où j’ai appris, où j’ai été élu. C’est pour tout ça que je t’invite, une fois "élu" président de l’EPAD, à abandonner le mauvais procès qu’on fait à ma ville et à réaliser, par ton propre courage et ta propre volonté, le renouveau de la Défense sans exproprier toute une ville de son avenir.
Je te remercie et te prie de recevoir, cher Jean, l’expression de mes salutations cordiales.

l'article ici

12 octobre 2009

Jean Sarkozy : même les chinois se moquent !!!

La pétition contre la nomination du prince ici

L'affaire est largement commentée à l'étranger, jusqu'à la télévision chinoise, qui y a consacré un reportage:



Laurent Fabius trouve la critique à l’égard du jeune conseiller général UMP assez «injuste»? Et l’ex-Premier ministre (PS) de livrer, ce lundi matin sur France inter, un plaidoyer très ironique. Pour diriger «le plus grand quartier d’affaire d’Europe», «on a besoin d’un très bon juriste. M. Sarkozy est en deuxième année de droit, c’est un élément fort.» Sans compter qu’en matière de connaissance «des affaires», Jean Sarkozy «peut avoir quelques prédispositions.»

l'article ici

Les réaction sur Twitter ou un groupe a été formé sont rigolottes :


le "tweet" le plus plébiscité est l'oeuvre du conseiller municipal Vert à la mairie de Paris, Denis Baupin: "Il y a trois pays où on hérite du pouvoir de père en fils : Gabon, Corée du Nord et Hauts-de-Seine".

Sur le site de l'Epad, une offre d'emploi de "Président de l'Epad" a été inscrite dans la rubrique "petites annonces". Le profil requis : "Diplômé du baccalauréat, vous ne disposez d'aucune expérience professionnelle. Des notions élémentaires de droit seraient bienvenues, même si vous redoublez sans arrêt à la fac".

10 octobre 2009

La Sacem défend la taxation des FAI et des moteurs de recherche sans contrepartie




La Sacem et l'Adami veulent ajouter à la rémunération pour copie privée payée sur les supports vierges une rémunération complémentaire assise sur les abonnements à Internet. Ils assurent que cette nouvelle taxe devra baisser avec la baisse du piratage, et qu'il s'agit d'une "forme de dernier recours" avant la licence globale. Un mensonge, doublé d'une injustice.

l'article ici

Merci papa !




On apprend aujourd’hui grâce à un article dans le journal Le Monde que Jean SARKOZY s’apprête à prendre la Présidence de l’Etablissement Public d’Aménagement du quartier de la Défense. Il s’agit de la plus importante structure de ce type en France. Il ne touchera pas d’indemnités supplémentaires mais se verra confier la gestion d’un budget d’1 milliard d’euros.

L'article ici

Un autre ici

09 octobre 2009

Schubert revisité en 2008 à l'ère de la rationalisation

Schubert revisité en 2008 à l'ère de la rationalisation


Le Président d'une société multinationale reçoit en cadeau un billet
d'entrée pour une représentation de la Symphonie Inachevée de Franz
Schubert.

Ne pouvant s'y rendre, il transmet l'invitation à don directeur des
ressources humaines, à charge pour celui-ci de lui faire un rapport sur la
qualité du concert.
Le lendemain du concert, le Président trouve sur son bureau le rapport de
son DRH.


1 - Les joueurs de hautbois demeurent inactifs pendant des périodes
considérables.
Il convient donc de réduire leur nombre et de répartir sur l'ensemble de la
symphonie, de manière à réduire les pointes d'inactivité.

2 - Les douze violons jouent tous des notes identiques.
Cette duplication excessive semble inutile : il serait bon de réduire de
manière drastique l'effectif de cette portion de l'orchestre. Si l'on doit
produire un son de volume plus élevé, il serait possible de l'obtenir avec
un amplificateur électronique.

3 - L'orchestre consacre un effort démesuré à la production de triples
croches.
Cela constitue un raffinement inutile : il est recommandé d'arrondir toutes
les notes à la double croche la plus proche. En procédant de la sorte, il
devait être possible d'employer des stagiaires ou des opérateurs peu
qualifiés.

4 - La répétition par les cors de passages déjà exécutés par les cordes ne
présente aucune nécessité.
Si tous les passages redondants de ce type étaient éliminés, il serait
possible de réduire la durée du concert de deux heures à vingt minutes.

Et enfin, Monsieur le Président, voici ma conclusion :
De toute évidence, si le dénommé Schubert avait pu prêter attention à ces
remarques, il aurait été en mesure d'achever sa symphonie en temps opportun.